La procrastination dans le couple

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Pour mon compagnon, le fait de s’occuper de l’administratif est un vrai calvaire, il est en ce moment à 4 mois de loyer de retard, il ne possède pas de carte bleu ni de chéquier, il faut les renouveler…
La vie quotidienne n’est pas simple. On ne peut vraiment pas parler de partage des tâches. Je dois tout gérer seule et j’ai plus l’impression de m’occuper d’un enfant que d’avoir un homme à mes côtés. Il a conscience du problème mais ne sais absolument pas comment s’en sortir, la moindre petite solution est déjà trop difficile à gérer. »

 

Être confronté à un procrastinateur dans son couple peut s’avérer très déstabilisant. Nous souffrons de cette situation puisque l’on est la première personne à pâtir des conséquences de ce comportement et que l’on se sent impuissant pour modifier le comportement de l’être aimé.

Procrastiner ce n’est pas reporter une fois, ce n’est pas mûrir une idée ou se donner le temps de la réflexion. Il semble que ce soit une habitude chronique à ne pas réaliser des activités en ayant plus ou moins conscience que cette façon d’agir aura des conséquences négatives.

Mais quelle relation entre la procrastination et la tâche reportée ? Existerait-il un lien avec la personnalité de son conjoint ? Serait-ce plutôt fonction de son état psychologique ? Est-il déprimé, anxieux ? Serait-ce un problème d’organisation, une peur exagérée de l’échec ?

Comprendre la procrastination

Voici quelques éléments de réflexion pour comprendre l’être cher. L’expert en la matière, Piers Steels, chercheur à l’université de Calgary auxEtats-Unis, nous donne un regard très éclairé sur les facteurs lié à la procrastination.

Au travers d’une étude qu’il a appuyée sur de nombreux travaux scientifiques antérieurs, il démontre le lien entre le manque d’entrain pour une activité et l’action de remettre à plus tard . Plus particulièrement, lorsque cette activité n’apporte que peu d’indépendance, de raison d’être et de retour sur investissement. La frustration et l’ennui apparaissant comme les sentiments les plus proches de ces trois aspects.

Pour mener son étude, Piers Steels utilise le modèle OCEAN, une technique très répandue permettant de comparer les personnalités des personnes en les évaluant cinq fois selon cinq critères différents afin de dégager les singularités liées à la procrastination:

  • L’Ouverture, appréciation de l’art, de l’émotion, de l’aventure, des idées peu communes, curiosité et imagination.
  • La Consciensiosité, autodiscipline, respect des obligations, organisation plutôt que spontanéité; orienté vers des buts
  • L’Extraversion, énergie, émotions positives, tendance à chercher la stimulation et la compagnie des autres, fonceur
  • L’Agréabilité, une tendance à être compatissant et coopératif plutôt que soupçonneux et antagonique envers les autres
  • Le Neuroticisme, contraire de stabilité émotionnelle: tendance à éprouver facilement des émotions désagréables comme la colère, l’inquiétude ou la dépression, vulnérabilité.

Les résultats fournis par son étude lui ont permis de mettre en évidence les liens entre les traits de personnalité et la tendance à procrastiner. Du coté du Neuroticisme, l’étude se prononce notamment sur trois aspects:

  • La peur de l’échec: Cet aspect ne serait que faiblement lié à l’habitude de remettre à plus tard.
  • Le perfectionnisme: Même si cet aspect est souvent pointé du doigt, cette tendance n’est pas lié en priorité à la procrastination.
  • La dépression: Peu de corrélation avec la procrastination.
  • La confiance en soi: Le manque de confiance en ses capacités apparaît fortement en lien avec la tendance à remettre à plus tard.

Du côté de l’Ouverture, aucun lien probant. Le niveau d’intelligence ne serait pas lié à la procrastination.

Du côté de l’Agréabilité, lien quasi inexistant avec le sujet.

Du côté de l’Extraversion: Pas de lien non plus avec le fait de rechercher la compagnie des autres et la tendance à procrastiner.

Du côté de la Consciensiosité, l’étude démontre qu’il s’agirait du trait de caractère le plus fortement lié avec la tendance à procrastiner. Ainsi goût pour l’ordre, autodiscipline, respect des obligations et faculté à s’organiser seraient autant de traits qui, lorsqu’ils sont bien développés, font baisser la tendance à procrastiner. Plus une personne est consciencieuse et moins elle a tendance à procrastiner.

Or self-contrôle, sensibilité aux distractions, organisation et besoin de réussir sont quatres aspects de la consciensiosité et apparaissent comme étant les facteurs les plus importants pour lutter contre la procrastination.

D’ailleurs le facteur dont l’impact est le plus important est le self-contrôle.Pour résumer, confiance en soi et self-contrôle seraient les véritables facteurs liés à la procrastination tandis que perfectionnisme et peur de l’échec seraient moins influents et auraient une portée moindre dans l’étude des aspects de ce comportement.

 

Voici quelques pistes intéressantes pour comprendre le comportement de son conjoint n’est-ce pas ?

Les études de Piers Steels lui ont permis de regrouper l’ensemble des théories motivationnelles qu’il a démontré dans un modèle unique.  Pour continuez à suivre Piers Steels dans son analyse  et en savoir plus sur le comportement de procrastinateur, vous pouvez télécharger notre livre blanc : « Ces raisons qui poussent à reporter au lendemain »

 

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